Implants mammaires : quelles questions, quels risques ?

Des femmes portant des implants mammaires de marque Allergan, dont l’une souffre d’un cancer, ont déposé plainte à Paris et à Marseille mercredi et jeudi pour "mise en danger délibérée de la vie d’autrui".

"Dès 2015, il y a eu des doutes sérieux sur ces implants, l’Inca (Institut national du cancer), alors dirigé par (la ministre de la Santé) Agnès Buzyn, a rapporté que sur 18 cas de lymphome suite à la pose d’implants, 14 étaient de marque Allergan", dénonce l'avocat d'une des plaignantes.

De quoi s'agit-il ?

Sur environ 500 000 femmes porteuses d’implants mammaires en France, une cinquantaine de cas d’une forme rare de cancer, le lymphome anaplasique à grandes cellules (LGAC), ont été recensés depuis 2011, principalement concernant des implants à enveloppe texturée.

Ce type d’implant mammaire représente 85% du marché français et Allergan est l’un des acteurs majeurs de ce segment dans le pays.

"Le lymphome anaplasique à grandes cellules (LGAC) est une maladie très rare. Depuis 2010, on s'est aperçu qu'il y avait un lien entre prothèses texturées et l'apparition de cette pathologie. Toutes les personnes portant ce type de prothèses ne présentent pas un risque de développer un lymphome. Avec 58 cas, la proportion est d'un 1 sur 20 000. Il faut remettre dans le contexte : le cancer du sein à titre de comparaison touche 11% de la population féminine", rappelle le Dr Sébastien Garson, président de la Société française des chirurgiens esthétiques plasticiens (Socep)

 Comment savoir si vous portez une telle prothèse ?

Les prothèses mammaires sont utilisées dans le cadre de la chirurgie esthétique et pour la reconstruction mammaire après un cancer du sein.

"Toutes les femmes opérées reçoivent une carte avec les références de l'implant, la marque, le numéro de série et le numéro de lot", explique le Dr Garson.

Si votre opération est ancienne et que vous ne disposez plus de ce document, demandez à votre médecin, qui détient l'information dans votre dossier médical.

Que faire si vous avez une prothèse texturée Allergan ?

Mi-décembre, l'Agence du médicament (ANSM) a retiré du marché les prothèses incriminées. Ces implants mammaires à enveloppe texturée de la marque Allergan (Microcell et Biocell) ne disposent plus du marquage CE depuis le lundi 17 décembre. 

Dès novembre, les sociétés savantes de chirurgie plastique recommandaient aux professionnels de ne plus avoir recours à ces modèles, et de privilégier les autres options disponibles sur le marché.

Si vous avez déjà été opérée et  vous en portez une, pas de panique. Les chirurgiens ne recommandent pas de l'enlever, car le risque de développer un lymphome reste faible.

"Il n'y a aucune indication d'explantation", rassure le Dr Sébastien Garson. "Une infime minorité seulement des femmes portant ces prothèses présente un risque de développer un lymphome. C'est multifactoriel, et la prothèse n'est pas le seul paramètre de risque", poursuit le chirurgien.

Quel suivi si vous avez une prothèse ?

L'essentiel est que vous preniez régulièrement rendez-vous avec votre médecin pour repérer toute anomalie.

Le protocole de suivi pour les femmes portant une prothèse mammaire est un rendez-vous annuel.

"Il s'agit d'un examen clinique pour s'assurer que le sein est souple, si il n'y a pas de phénomène de coque apparu secondairement, si l'implant ne s'est pas déplacé, si la prothèse n'a pas généré de réaction particulière", explique le chirurgien. Qui insiste sur le respect du suivi. En cas de problème, plus tôt la pathologie est repérée, mieux il est possible de la soigner.

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