La nouvelle donne du Cercle de l’Ill

Jeudi, les quelque 370 membres du Cercle de l’Ill sont conviés à Europa-Park pour leur dîner mensuel. Comme c’est le cas une fois par an, ce rendez-vous sera marqué par la présence d’une sommité. Après, au fil des années, des personnalités telles que Wolfgang Schäuble, Valéry Giscard d’Estaing ou encore Helmut Kohl, le prix Nobel de chimie Jean-Pierre Sauvage s’exprimera cette fois devant un parterre de décideurs français, suisses et allemands.

Une Europe de la société civile

Ce dîner - le premier depuis que la nouvelle présidente Birgit Fratzke-Weiss a été élue le 8 novembre dernier - devrait également signer le renouveau de ce club de décideurs fondé en 1991 sur l’idée de rassembler influenceurs, leaders d’opinion et personnalités de pouvoir du Rhin supérieur pour construire une Europe de la société civile.

« Présider le Cercle de l’Ill est un grand honneur. En même temps, c’est une grande responsabilité vu les événements des derniers mois et la grande tâche à laquelle font face le bureau et tout le Conseil d’administration pour préparer l’avenir du Cercle », écrivait au lendemain de son élection à ses membres la nouvelle présidente par ailleurs directrice générale déléguée d’ÉS.

C’est que le Cercle sort d’une petite tempête qui ne l’a pas tout à fait laissé indemne. Fidèle depuis 27 ans à sa formule d’origine - un lieu différent à chaque rendez-vous mensuel, un cocktail, un dîner sans thème ou intervention et un plan de table imposé - le réseau accuse depuis quelques années un recul du nombre de ses membres : 370 aujourd’hui, contre 650 aux grandes heures. D’aucuns y voient un vieillissement du concept. « Il y a beaucoup d’offre », analyse quant à elle la présidente qui entend, entourée du bureau et du conseil d’administration, « construire les orientations à venir » pour créer à nouveau de l’envie. Autrement dit consolider le vivier existant et recruter de nouveaux membres, en particulier des Suisses et des Allemands, sous-représentés.

Menace judiciaire

Confronté avant elle au même défi, le président sortant et chef d’entreprise badois Martin Foshag a misé sur une option qui a divisé le réseau : instaurer une limite d’âge de 75 ans pour les membres existants et 70 ans pour les nouvelles recrues. L’idée a été très mal vécue par un certain nombre de membres au point d’être attaquée en justice par deux d’entre eux, notamment par le président fondateur Jean Weber. La menace judiciaire a finalement conduit le conseil d’administration à abandonner. Dans la foulée, Martin Foshag renonçait à envisager un second mandat et neuf administrateurs démissionnaient.

Depuis, « il faut reconstruire », confie un membre historique, qui espère comme beaucoup une renaissance du Cercle. D’autres, profondément heurtés, ont définitivement jeté l’éponge.

Membre du Cercle de l’Ill depuis 2015 et définitivement acquise à sa cause, Birgit Fratzke-Weiss laisse ces « événements » - sur lesquels elle refuse de s’exprimer - au passé, préférant entrevoir l’avenir. Un séminaire rassemblant bureau, conseil d’administration et plusieurs membres volontaires sera organisé à cette fin courant janvier.

Pour Birgit Fratzke-Weiss, une réflexion doit être menée sur les moyens de « mettre l’aspect européen et la variété des profils au cœur des échanges du Cercle ». Autre question à laquelle répondre : « Comment donner envie aux gens de venir ? » Un « plan d’attaque » destiné à favoriser de nouveaux recrutements devrait être mis au point. Et le traditionnel déroulement des soirées pourrait être repensé.

Autant de chantiers que la présidente, compte mener collectivement. Avec en ligne de mire, « un retour à la sérénité ».

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