Les flèches lilloises rattrapées en fin de match par l'OL

Lille – Lyon :

2-2

Après la fin des six matchs sans défaite du FC Nantes à Saint-Etienne, vendredi, on a pensé longtemps que l’Olympique Lyonnais retomberait pour la première fois depuis le 7 octobre et la gifle du Parc des Princes, après quatre victoires et un nul en L1. Trois jours après le nouveau gros match contre City (2-2) en C1, les Gones ont eu les ressources d’inverser un premier acte bien mal embarqué pour recoller à Lille et garder leur place de dauphin, devant Lille, qui a bien cru les en déposséder.

Malgré une composition inédite en 3-4-3, avec les titularisations de Cornet et Traoré autour de Depay plutôt que Fekir, sur le banc, Bruno Genesio misait sur une arrière garde renforcée pour parer à la vitesse de contre-attaque du LOSC et des joueurs mobiles. Bien lui en a pris dans un début de partie où les Nordistes laissaient volontairement le ballon aux Lyonnais pour mieux piquer. Le plan ne marchait pas immédiatement et au contraire, la pression rhodanienne était forte en début de partie.

Sur un de ses nombreux débordements, où sa vitesse faisait la différence Ferland Mendy offrait un caviar en retrait à Depay, qui allumait Maignan (11e), un brin heureux. Le pompier lillois faisait à nouveau parler ses réflexes dans la foulée, remportant un duel devant Cornet offert par son défenseur Jose Fonte, auteur d’une relance ratée (14e).

Quatre tirs lillois pour deux buts et un poteau avant la mi-temps

A peine le temps pour Bruno Genesio de finir de grommeler que Lyon se découvrait une première fois : à la récupération sur la ligne médiane, Loïc Rémy lançait vite Celik côté droit, qui lui rendait un centre impeccable pour une volée claquée imparable (1-0, 17e). Son premier but en L1 depuis 2011.  

Comme contre Manchester City, où l’Olympique Lyonnais encaissait deux buts sur coups de pieds arrêtés, les visiteurs ne retenaient pas les leçons de leurs erreurs et se faisaient punir dix minutes plus tard sur la 2e action lilloise : s’infiltrant plein axe grâce à un entrejeu adverse dégarni, le même Loïc Rémy jouait juste en décalant Nicolas Pepe sur son pied gauche, impeccablement ajusté pour trouver le petit filet de Lopes (2-0, 28e).

Incapable de réagir, l’OL était au bord de la correctionnelle sur la troisième action lilloise du premier acte. Nouvelle perte coupable de l’OL, nouvelle projection, cette fois impulsée par Pepe, mais Ikoné trouvait l’intérieur du poteau (44e). Le symbole du réalisme du LOSC, qui n’a frappé que quatre fois en première période.

Traoré - Dembelé, la revanche des remplaçants

Au retour des vestiaires, l’équipe de Christophe Galthier reprenait sa position basse sur le terrain et manquait de se saborder très rapidement, avec ce pénalty bêtement concédé par Thiago Mendes sur Bertrand Traoré, qui ressortait de la surface. Heureusement pour eux, Memphis Depay envoyait une mine un bon mètre au-dessus de la transversale (50e), confirmant le statut de terreur des pénalties de Mike Maignan (5 concédés sur 13 tentatives).

Visiblement entamé physiquement, le LOSC ne sortait plus de son camp - mis à part sur ce corner bien coupé par José Fonté, avant la parade de Lopes - et se contentait de défendre son avantage de deux buts. Un jeu dangereux qui finissait par coûter un but de Bertrand Traoré : après un énorme raté en duel, le Burkinabé concluait un beau mouvement venu de la droite par un Kenny Tete libre de tout marquage presque toute la seconde période, relayé par la talonnade dans la surface de Depay (2-1, 63e).

Un but qui intervenait bien trop tôt dans le plan lillois. Car malgré une nouvelle tentative de Rémy à bout portant bien bloquée par Lopes, sur un corner mal renvoyé (70e), le siège du but de Mike Maignan se mettait en place avec un sablier encore long à écouler.

A force de faire rentrer des cartouches offensives, avec Moussa Dembele puis Nabil Fekir, l’OL tirait toutes ses cartouches et Depay tirait d’abord la barre. Mais le coaching de Bruno Genesio d’avérait finalement judicieux : après avoir décroché côté droit et temporisé, l'ancien buteur du Celtic Glasgow filait vers le point de pénalty et se retrouvait servi par Martin Terrier pour égaliser (2-2, 87e).

Il fallait bien une dernière parade énorme d’Anthony Lopes devant Nicolas Pepe, qui déclenchait à 20 m (88e), pour maintenir ce résultat, somme toute logique sur l’ensemble de la partie, tant le LOSC tranchant du premier acte a laissé place à un onze emprunté et trop reculé.

Le joueur : Loïc Rémy

Le natif de Rillieux-la-Pape, en banlieue lyonnaise, avait invité une partie de sa famille et des proches spécialement pour cette affiche contre son club formateur, qui l’avait lancé en L1 à 19 ans au plus fort de sa domination. Bien lui en a pris car on a retrouvé le Loïc Rémy tranchant des années niçoises ou marseillaises, ce samedi. Tranchant pour bien claquer ce bon centre de Celik sur la première belle situation nordiste. Tranchant pour filer vite vers l’avant et servir Nicolas Pepe sur le deuxième but. Tranchant pour se proposer dans l’axe ou sur les côtés et bien permuter avec ses partenaires d’attaque. Et  aussi impliqué à la perte pour boucher les espaces et couper les lignes de passe.

La stat’ : 60%

Sur les 23 buts inscrits par Lille en L1 cette saison, 14 impliquent le joyau ivoirien Nicolas Pepe à la finition (9 buts) ou à la passe (5 p. décisives). Soit 60% de responsabilité dans les réalisations de la 4e attaque de Ligue 1. Un chiffre qui explique aussi pourquoi plus de 15 émissaires de toute l’Europe étaient présents samedi au stade Pierre-Mauroy pour le décrypter. On comprend mieux pourquoi Marc Ingla parle d’une somme minimum de 60 millions pour le laisser partir.

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