Diallo et Zagadou, les Français du BVB, vont-ils encore museler l'Atletico ?

Euphorique depuis le début de la saison, le Borussia Dortmund pose les fondations de son succès sur une arrière-garde en béton, où brillent deux Français de 22 et 19 ans : Abdou Diallo, que l’on dit déjà aux portes de l’équipe de France, et Dan-Axel Zagadou, au potentiel aussi impressionnant que sa carrure.

Certes les très offensifs Reus, Alcacer, Sancho ou Witsel prendront encore toute la lumière mardi au match retour à Madrid contre l’Atletico. Le 4-0 infligé aux Espagnols à l’aller le 24 octobre a renseigné l’Europe sur l’efficacité d’une équipe qui n’a toujours pas perdu le moindre match cette saison : 15 sorties sans défaites, nouveau record du club !

Mais dans l’ombre des stars, une défense étonnement mûre assure l’équilibre de l’édifice. "En matière de sérénité, nous n’avions rien à envier à l’Atletico, je ne m’y attendais pas", s’est enthousiasmé le directeur sportif Michael Zorc, en réponse à une question sur ses deux défenseurs français, auxquels il associe spontanément la pépite marocaine de 19 ans sortie du Real Madrid, Achraf Akimi.

Diallo déjà incontournable

Formé à Monaco, passé par toutes les équipes de France des U16 aux Espoirs, dont il fut le capitaine, Diallo est arrivé en Bundesliga la saison dernière, pour évoluer sous les couleurs de Mayence. Dortmund l’a repéré, et a cassé sa tirelire à l’intersaison pour l’attirer au Signal Iduna Park : 28 millions d’euros, le défenseur le plus cher jamais acheté par le club.

Pendant un mois, certains ont pensé que les recruteurs de Dortmund s’étaient trompés. Puis, après une période d’adaptation, Diallo a franchi un palier mi-septembre. "C’est normal, tout le monde a besoin de temps. Mais maintenant, il montre ce qu’il a dans le ventre", dit désormais de lui le responsable de l’effectif professionnel du club Sebastian Kehl, tout sourire.

Poussé par le coach Lucien Favre, le natif de Tours est devenu un titulaire incontournable, généralement en défense centrale, même s’il a joué quelques matches comme latéral gauche, dont l’aller en Ligue des champions contre Monaco (3-0).

Si les statistiques montrent qu’il gagne moins de duels que Zagadou, Diallo brille en revanche par son influence sur le jeu et par la qualité de sa relance. De tous les joueurs de Dortmund, il est celui qui a touché le plus de ballons cette saison (plus que le meneur de jeu Axel Witsel !), et son taux de passes réussies excède les 90%. Touché aux adducteurs la semaine dernière, il a été ménagé ce week-end et sa participation au match retour à Madrid est incertaine.

Zagadou : champion des duels

Plus jeune de trois ans, un peu moins posé dans son jeu, Dan-Axel Zagadou marche sur les traces de son aîné. Dans un style très différent. rmoire à glace d’1,96 m, ce combattant formé au Paris SG (où il n’a jamais joué en équipe première) n’a pas son pareil dans les corps à corps : 75% de duels gagnés, le meilleur score de tous les joueurs de Bundesliga, et même 83% de duels aériens.

Les vieux briscards de l’Atletico Griezmann et Douglas Costa ne s’attendaient sans doute pas au match aller à être tenus en échec de la sorte par un gamin de 19 ans.

Arrivé à Dortmund à l’été 2017, il a disputé onze matches de championnat pour sa première saison, au poste de latéral gauche, avant d’être écarté par le coach Peter Stöger, arrivé en cours de saison. Cette année, il a encore patienté un mois avant de disputer son premier match sous Lucien Favre, mais son repositionnement comme arrière central - son poste d’origine - lui a donné une aura toute différente.

Depuis sa titularisation le 26 septembre contre Nuremberg, Zagadou a joué 90 minutes à tous les matches, comme arrière central cette fois, associé soit à Diallo soit à l’international suisse Manuel Akanji, une autre des recrues en or du Borussia cette saison. Né en juin 1999, il n’a pas encore été international espoir, même s’il a connu lui aussi toutes les sélections de jeunes jusqu’aux U20.

Commentaires (0)

Pas d\'identifiant