Naples - PSG : messes noires, liqueur et séismes, bienvenue au stade San Paolo

THE CHAAAMMMPIIOOONSSSS !!! Juste avant le coup d’envoi de Naples-Paris SG mardi, tout le public du stade San Paolo va comme d’habitude hurler les derniers mots de l’hymne de la Ligue des Champions et la terre va trembler.

C’est un peu plus qu’une façon de parler. Car à chaque fois que les tifosi du Napoli laissent échapper ce cri ou que leur équipe marque dans un grand match, les instituts sismiques locaux enregistrent la secousse, comme un mini-séisme.

Obsolète, mais mythique

À la fois fierté et honte de Naples, le stade San Paolo est un paradoxe de béton armé et de fer, une monstruosité architecturale à l’histoire prestigieuse, où l’ambiance peut devenir unique, portée par la furie des supporters et le vacarme métallique d’une structure obsolète.

Au fil des ans et des travaux, sa capacité d’accueil a beaucoup varié, depuis les 89 992 spectateurs d’un Naples-Pérouse en 1979 - record d’Italie, même si la légende parle de plus de 95 000 personnes deux ans plus tôt pour un Naples-Juventus- aux quelque 60 000 places actuelles.

Surtout, son état s’est beaucoup dégradé, et même dans un pays en retard quant à la modernisation des stades, il est désormais très loin des standards de qualité espérés pour un club régulièrement qualifié en Ligue des Champions.

"Chiottes"

Propriété de la commune, le San Paolo est d’ailleurs de longue date l’objet d’une dispute entre le maire Luigi de Magistris et le président du club Aurelio De Laurentiis, qui le qualifie périodiquement de "chiottes" ou de "porcherie".

Lors de la venue du Real Madrid en 2017, on avait aussi vu un dirigeant se cacher le visage entre les mains et soupirer "quelle honte" en entrant dans la salle aux murs humides aménagée pour accueillir la conférence de presse de Zinedine Zidane.

Postée sur les réseaux sociaux par une journaliste anglaise avant Naples-Liverpool, la vidéo de l’invraisemblable corridor semi-enterré qui fait le tour du terrain pour conduire les journalistes de la salle de conférence de presse à la zone mixte n’a pas non plus arrangé la réputation de l’enceinte.

"Bien sûr qu’il est vieux, bien sûr qu’il a des problèmes. Mais il est effrayant pour les adversaires. Ils sentent le poids de ce stade et la passion des tifosi. Quand il est plein, il est exceptionnel", assure pourtant Daniele "Decibel" Bellini, l’inimitable speaker du San Paolo.

"Mais pour nous, c’est surtout le stade où a joué le plus grand de tous les temps. Et ça, ça ne peut pas changer, malgré son âge et les travaux qui l’ont un peu gâché", ajoute celui qui est au micro depuis 2010.

Sambuca et borghetti

Les Rolling Stones ou Frank Zappa y ont joué mais "le plus grand", c’est bien sûr Maradona, accueilli ici par plus de 60 000 personnes en 1984.

Le visage de l’Argentin est partout aux abords du stade, en photo dans les bars, en pochoir sur les murs et encore sur les écharpes des vendeurs qui approchent chaque visiteur pour lui proposer de petites bouteilles de "sambuca et borghetti", une liqueur à l’anis et l’autre au café.

Au San Paolo, le folklore est en surface, mais aussi souterrain. Construits en 1990 sous la pelouse mais jamais utilisés et rapidement murés, les parkings du stade sont ainsi le sujet de dizaines d’histoires, attestées ou pas.

De Laurentiis assure ainsi qu’on y célèbre des "messes noires", des raves sauvages y ont été organisées et des discothèques clandestines y ont été installées puis démantelées.

Les supporters du PSG ne viennent pas pour ça. Et mercredi quand ils entreront au stade, ils auront la même impression que celle ressentie par "Decibel" Bellini.

"Il est géant, énorme, monstrueux. À chaque fois j’ai les jambes qui tremblent." Mais attention. Si Naples marque, il n’y a pas que les jambes qui vont trembler.

Commentaires (0)

Pas d\'identifiant