Les drôles de vendanges de Paris-Tours

Des chemins de calcaire dans le Vouvray: Paris-Tours innove ce dimanche afin de séduire les coureurs et rompre avec la routine avec l’idée, pour les organisateurs (ASO), de la reproduire sur d’autres épreuves, si l’expérience est concluante.

«La volonté était de présenter quelque chose d’autre, d’avoir un nouveau tracé», explique Thierry Gouvenou, le directeur sportif du Tour de France. «La ville de Tours souhaitait une arrivée par le nord et, quand on a cherché et trouvé des nouvelles côtes, on a vu la possibilité d’emprunter ces chemins de vigne».

Neuf chemins pour pimenter la course

Répartis dans les 60 derniers kilomètres, le dernier (Rochecorbon) situé à 12-13 kilomètres de l’arrivée, les neuf chemins non goudronnés changent la donne par rapport aux années passées. «On n’a pas été déçu par les dernières éditions, bien au contraire», souligne Thierry Gouvenou, «mais on avait envie de quelque chose de plus dynamique et d’attractif pour les coureurs».

Le succès des Strade Bianche, la course italienne qui passe par des chemins de terre près de Sienne, prouve que les coureurs du XXIe siècle apprécient ce retour, ressenti comme ludique, au cyclisme des origines. Surtout quand il traverse les paysages touristiques, comme dans les vignobles de Vouvray, dans le prolongement des falaises qui surplombent la Loire.

"Pas un autre Paris-Roubaix"

«On n’a que 12,5 kilomètres de chemins. Le but n’est pas de faire de Paris-Tours un autre Paris-Roubaix. C’est une expérience. Si c’est un échec, ce que je ne crois pas, on peut refaire marche arrière car on sait que l’ancienne formule fonctionne. Pourquoi pas une alternance ? On ne va pas non plus tirer un bilan définitif après un an», estime le responsable sportif d’ASO (Amaury Sport Organisation).

Les conditions météo, qui annoncent la pluie dans la journée de dimanche, ajoutent à la nouveauté. «Les communes ont fait un gros travail pour enlever notamment les gros cailloux. Normalement, ça doit passer. En cas de fortes intempéries, on a toujours la possibilité de modifier légèrement le parcours», précise Thierry Gouvenou. Comme à Paris-Roubaix.

Bientôt sur le Tour de France aussi ?

Les organisateurs, qui ont consulté des coureurs pros de la région (Cyril Lemoine, Jérémy Roy) sur le tracé, disent «être en veille» depuis plusieurs années sur le sujet. Ils avaient déjà tenté l’expérience sur Paris-Nice en 2016, du côté de Vendôme.

Sont-ils prêts à le faire sur le Tour de France ? Thierry Gouvenou pèse les avantages et les inconvénients: «Dans Paris-Tours, ça correspond à ce qu’on cherche pour nos courses et qu’on n’a pas forcément trouvé ailleurs, Tour de France compris. Il faut aussi avoir en tête que le côté aléatoire d’une crevaison est plus facile à accepter sur une course d’un jour que sur le Tour.»

La course en détails

Le parcours: 214,5 km.

Départ de Chartres à 11h40, arrivée prévue à Tours vers 16h50. Parcours de plaine avec sept petites côtes dans le final, la dernière (Rochecorbon) à 12 km de l’arrivée. Neuf chemins de calcaire (12,5 km) répartis dans les 50 derniers kilomètres.

Les participants : 22 équipes

AG2R La Mondiale, Dimension Data, EF Drapac, Groupama-FDJ, Katusha, Lotto, Lotto NL, Quick-Step et Sunweb (1re division), Cofidis, Delko Marseille, Direct Energie, Euskadi, Fortuneo-Samsic, Israël CA, Roompot, Roubaix LM, Saint-Michel Auber, Vlaanderen, Veranda’s Willems, Veranclassic, Vital Concept, Wanty (invitées)

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