Héritage Hallyday: la justice rendra sa décision le 13 avril

Le tribunal de grande instance de Nanterre (Hauts-de-Seine) examinait ce vendredi après-midi l'assignation en référé engagée par les deux grands enfants de la star, Laura Smet et David Hallyday.

Ils contestent le testament de leur père, décédé en décembre, qui les déshéritent et réclament en urgence le gel de son patrimoine et un droit de regard sur son album posthume, ce que leur dénie son producteur, Warner, et sa veuve, Laeticia.

La juridiction rendra sa décision le 13 avril.

- Sur l'héritage

Le rôle exact joué par Laeticia dans la succession de son mari a été l’un des points centraux des débats : les avocats de David et Laura s’interrogent sur sa qualité d’"exécuteur testamentaire", alors qu’elle est aussi l’unique bénéficiaire du ou des trusts, structures juridiques complexes de droit américain, réunissant les actifs du chanteur.

"On finit par s’y perdre" et ne plus "savoir exactement comment les choses s’articulent", a regretté Me Emmanuel Ravanas, avocat de Laura Smet.

"On nous dit : il fallait agir" en justice "contre le trustee", le gestionnaire des actifs, et non "contre Laeticia qui n’est rien, simplement la bénéficiaire de tout ça", note Me Carine Piccio, l’une des avocates du fils du chanteur.  Mais "ce qu’on a appris depuis» la première audience le 15 mars, "c’est qu’il n’y a pas de trustee".

Or, pour Me Pierre-Jean Douvier, l’autre avocat de David Hallyday, "il y a urgence à agir" car "une fois les actifs mis en trust, on se retrouve devant un coffre-fort".

Carine Piccio a pour sa part pointé en Laeticia "une communicante hors pair" qui "manipule l’opinion publique et les débats". 

Revenant sur "la ligne directrice" des six testaments consécutifs du rockeur, l’avocate note "une réduction testament après testament de la part réservataire des enfants de Jean-Philippe Smet" nés de précédentes unions, jusqu’à ses ultimes volontés exprimées en juillet 2014 en Californie.

Certes, les dispositions testamentaires successives "vont effectivement dans une seule direction, vers sa femme", mais "est-ce que c’est interdit, immoral ?", a interrogé Me Ardavan Amir-Aslani, conseil de Laeticia Hallyday,

Le trust JPS (pour Jean-Philippe Smet), mis en place en juillet 2014, était géré par le chanteur jusqu’à sa mort et devait, selon ses dernières volontés, bénéficier à son décès à sa veuve, puis à ses filles Jade et Joy à la disparition de leur mère.

Ce montage financier complexe, très courant dans les pays anglo-saxons, a été pensé pour permettre à Laeticia de conserver un standing "conforme au niveau de vie auquel (son mari et elle) ont été habitués durant leur vie commune", selon ses statuts.

- Sur l'album

Le 51e album studio que l’artiste avait presque achevé à sa mort et qui doit sortir courant 2018 a également été évoqué dans les débats.

"Johnny Hallyday a validé l’ensemble des compositions musicales qui figurent sur l’album", a plaidé l’avocat de Warner Music France Eric Lauvaux.

"Warner Music est le propriétaire des enregistrements et nous enjoindre de remettre ces enregistrements n’a aucun fondement", a-t-il ajouté.

Me Pierre-Olivier Sur a demandé pour sa cliente Laura Smet au moins "un droit d’écouter l’album, sans remise du support".

Commentaires (0)

Pas d\'identifiant